
Au grand soulagement des banquiers monégasques, les clients italiens n’ont pas déserté la place pour se mettre en conformité dans le cadre de la dernière amnistie fiscale transalpine.
C’est ce que révèle le site du quotidien économique Les échos dans un article du 18 février. Seuls 4,98 milliards d’euros ont quitté les coffres monégasques. Une perte somme toute très limitée au regard des 75,4 milliards d’euros d’avoirs du système bancaire de la principauté.
L’impact net se chiffrerait même à 3,44 milliards d’euros selon Les Échos qui estiment que cela ne représente au final que 4,4 % des ressources totales des banques de Monaco.
Pourtant, les banquiers concernés, dont certains établissements abritent de 40 % à 60 % de clients italiens, étaient beaucoup plus pessimistes. Pour expliquer cette heureuse surprise, le quotidien économique explique notamment que certains fraudeurs ont choisi de déclarer les sommes, mais de les conserver en principauté, comme l’autoriseraient les mesures d’amnistie.
Avec cette mesure, les autorités italiennes espéraient rapatrier davantage de placements afin de contrer, au moins partiellement, les effets de la crise. Peine perdue donc, toutefois, l’Italie a décidé de prolonger la durée de l’amnistie pour ramener plus de capitaux placés à l’étranger.
Pas d’accord entre Monaco et l’Italie
Mais ce sursis pourrait avoir des effets très limités à Monaco. En effet, même au-delà de ce délai, les fraudeurs vont très probablement continuer à s’abriter dans ce pays qui est un paradis fiscal pour eux puisque la principauté n’a toujours pas signé d’accord de coopération fiscale avec l’Italie.
Et ce, malgré les nombreux accords qu’elle a récemment passé pour sortir de la liste noire de l’OCDE sur les paradis fiscaux, puis pour être retirée de la liste grise. Et une coopération entre Monaco et l’Italie a peu de chance d’aboutir à court terme car les Italiens sont la communauté d’étrangers la plus importante sur le sol monégasque avec près de 6 500 ressortissants, soit 18,6 % de la population monégasque.
Autant dire qu’un nombre significatif d’Italiens à Monaco sont très fortunés, quand des banques ne leur sont pas principalement dédiées comme l’ex banque du Gothard éclaboussée il y a quelques années par des scandales de détournements.
Ya.M.





Entreprises d’Azur

