
Eric Romain : Tout au long de sa carrière, Marilyn a été photographiée avec des chiens, en a-t-elle eus beaucoup ? De plus, trois chiens ont vraiment marqué sa vie, quels étaient-ils ?
Yvon Molostoff : Effectivement, il existe une quantité considérable de clichés montrant Marilyn avec des chiens : instantanés pris lors de tournages, séances photos ou bien dans le cadre de sa vie privée. Mais trois chiens ont vraiment compté pour elle et surtout lui ont appartenu. Il s’agit de Tippy un bâtard, Hugo un basset et Maf un caniche blanc : Tippy : Au début des années 30, la toute jeune Norma Jean (née en 1926) vit dans une famille d’accueil : les Bolender. Ils acceptent qu’elle ramène un petit chien noir et blanc à la maison sous condition qu’elle s’en occupe totalement.
Elle le baptise Tippy. Ce brave petit chien passe quelques années à ne pas quitter d’une semelle Norma Jean, l’attendant même sagement tous les jours sur le trottoir où la jeune fille est à l’école. En 1933, un voisin, très en ,colère et agacé des aboiements, tue Tippy. Norma Jean restera inconsolable et le souvenir de ce chien sera gravé à jamais dans sa mémoire. Hugo : A la fin des années 50, un basset appelé Hugo vit avec le couple Miller-Monroe entre leur appartement new-yorkais et leur maison de campagne à Roxbury dans le Connecticut. Après leur divorce, Hugo restera à Roxbury, Marilyn pensant qu’il était beaucoup mieux à la campagne.
Maf Honey : Ce petit caniche blanc fut le dernier animal qu’eut Marilyn. Les versions sont différentes quand à la personne qui lui offrit ce chien pour lui tenir compagnie. On parle de Nathalie Wood, Pat Newcomb ou Franck Sinatra. Maf vécut dans la dernière demeure de Marilyn au 5 Helena Drive à Los Angeles où il possédait une chambre bien à lui ! Nous pouvons cependant rajouter à cette liste : Josefa, un Chihuahua que Joseph Schenk, l’un des grands patrons de la Fox, offrit à Marilyn pour ses 24 ans et qui vécut avec elle dans la maison de Johnny Hyde. La chienne mourra un an après…
E.R. : On a souvent dit que Marilyn était en manque affectif depuis son enfance, ses chiens lui apportaient-ils l’apaisement dans ses moments de solitude et d’angoisse profonde ?
Y.M. : Ces deux citations (« J’aime les animaux. Si vous parlez à un chien ou un chat, il ne vous dit jamais de la fermer » ; « Les chiens ne m’ont jamais mordue, seulement les humains » prouvent que les manques affectifs ont certainement poussé Marilyn Monroe à porter une attention toute particulière aux animaux et notamment aux chiens.
Même si la plus part d’entre eux furent rarement dressés à être propres ou à obéir, l’affection qu’elle pût leur porter est indéniable. Les chiens ne lui ont jamais fait de mal, les humains oui. Si elle ne nous avait pas quittés si tôt, je pense qu’elle aurait, comme d’autres célébrités l’ont fait, prit part à de nombreuses associations soutenant la condition animale.
E.R. : Vous avez paraît-il des anecdotes à ce sujet ?
Y.M. : En effet, il y a au moins quatre anecdotes significatives à souligner. Tout d’abord, sur le tournage de Something’s got to give en 1962, Marilyn a pour partenaire un cocker. Elle le surnomme Tippy, nom de son premier petit chien qu’elle avait eu toute petite. Puis, Josefa, son chihuahua n’était nourri qu’avec des foies de veaux. Ensuite, Hugo, le basset de Marilyn et Arthur Miller, était surnommé par celui-ci « Flash » du fait de son extrême lenteur ! Enfin et surtout, Maf qui possédait sa propre chambre chez Marilyn dormait sur un manteau que lui avait offert son ex-mari Arthur Miller. En dernier lieu, il faut donner une place toute particulière à la rencontre entre Marilyn et Lassie. En effet, au moment du tournage du film niagara (août ,1952), une immense fête est organisée ,en l’honneur de Marilyn par Ray Anthony. Elle y rencontre à cette occasion une autre vedette du grand et du petit écran, la fidèle Lassie ; la chienne ne faisant aucune difficulté pour donner la patte à Marilyn.
E.R. : Lorsqu’elle est partie le 5 août 1962, avait-elle un chien qui vivait à ses côtés ? Qu’est-il devenu ?
Y.M. : Maf fut le dernier chien de Marilyn. Sur certains clichés pris juste après la mort de l’actrice, on peut voir des peluches de l’animal traîner sur la pelouse. Maf fut confié à Gloria Lovell, la secrétaire de Franck Sinatra.
E.R. : Lors du tournage de son dernier film Something’s got to give, elle avait un chien comme partenaire et on la voit sur certaines photos pas très à l’aise durant le tournage, est-ce une fausse impression ?
Y.M. : On a beaucoup écrit sur le tournage de ce film et commenté par la même occasion les prestations de Marilyn. Même si Something’s got to give reste inachevé, il existe de longues minutes de rush avec bien sûr la célèbre scène de la piscine où Marilyn joue son rôle à merveille et… nue ! Mais deux autres scènes montrent une Marilyn pleine de vie et d’entrain : celle avec les enfants où elle incarne le rôle d’une mère, situation qu’elle ne connaîtra jamais dans la vie réelle ou même à l’écran. Puis, dans l’autre scène Marilyn est avec un chien. Le cocker choisi eut du mal à rentrer dans son jeu et il faudra dix heures et près d’une cinquantaine de prises pour que George Cukor, le réalisateur, valide la scène. Le cocker n’arrêtait pas de sauter autour ou sur Marilyn, lui bavant dessus. Il fallut donc beaucoup de patience à toute l’équipe mais surtout à Marilyn pour arriver à se concentrer. Enfin, elle prit vraiment cela avec humour et ne montra aucun geste d’énervement envers le chien ou son dresseur ! On est donc bien loin de l’image que l’on veut donner à Marilyn durant cette période : celle d’une actrice dépressive, coléreuse, capricieuse et totalement dépendante des médicaments. Son naturel, sa gentillesse et sa simplicité restent gravés sur les dernières bobines existantes de sa vie et tant mieux si c’est un chien qui a eu l’honneur d’être dans ses bras…
E.R. : A votre connaissance, Marilyn a-t-elle eu d’autres animaux ?
Y.M. : Oui bien sûr. D’abord, dès 1958, Marilyn possédait avec Arthur Miller un cheval appelé Ebony. Elle ne le montera que rarement. Ensuite, en 1959, une chatte siamoise, Serafina, rejoignit le couple. Enfin, en 1955, elle eut à New York un persan blanc nommé Mitsou. De plus, sans les posséder, Marilyn fut photographiée tout au long de sa carrière avec de nombreux animaux : éléphants, dindons, pingouins, chevaux, chèvres, singes…





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