
Deux exemples illustrent ce climat délétère. L’affaire Ali Soumaré en Ile de France avec des excuses publiques de la tête de liste, Valérie Pécresse, pour une cabale montée par ses têtes de listes départementales, et l’affaire Georges Frèche à Montpellier.
Que n’aurait-on pas entendu, ni vu, comme déferlement de bonnes consciences si cela avait été un homme de droite qui aurait prononcé cette petite phrase assassine : « Laurent Fabius n’a pas une tête très catholique »… Je vous laisse imaginer. Quant à Ali Soumaré, de l’ombre, il s’est vu propulser dans la lumière par la grâce d’élus UMP qu’il pourra remercier peut-être un jour.
L’impact des nominations de gauche
Jusque-là, les clivages droite/gauche s’étaient cristallisés.
C’était sans compter sur le président de la République qui, soucieux de reprendre la main, a procédé à des nominations de personnalités de gauche dans des postes hautement symboliques et importants. Migaud se retrouve à la tête de la Cour des comptes, l’organisme chargé de contrôler les finances publiques des collectivités. Et ce, ad vitam aeternam puisque ce poste est inamovible.
Dans le même temps, Michel Charasse, le ministre qui avait lancé sur un plateau TV du temps de Mitterrand à un journaliste : « Vous voulez un contrôle fiscal ? », se place au Conseil Constitutionnel.
Certes, me direz-vous, les deux hommes politiques sont compétents, mais n’y a-t-il pas à droite aussi, des hommes compétents et talentueux ? L’ouverture se transforme en boulevard sans pour autant que l’UMP ne gagne une seule voix dans les sondages, bien au contraire. L’électeur de droite s’estime trahi, bafoué, humilié par ces nominations et l’absentéisme pourrait être le grand gagnant de l’élection à venir.
Vers la victoire des Ecologistes et du FN ?
Désormais, la victoire de la gauche ne fait plus aucun doute même si c’est l’UMP qui devrait arriver en tête au soir du 14 mars prochain. Mais c’est plus les Ecologistes que le PS qui devrait l’emporter...
Les socialistes, avec l’affaire Frèche, ont fait preuve d’une belle hypocrisie, excluant les militants et élus se portant sur la liste du patron de la région Languedoc-Roussillon… Tout en annonçant un congrès de la réconciliation après les élections. Ben voyons ! Vivement Anne Roumanoff et sa chronique de comptoir, « on ne nous dit pas tout »… pour en sourire.
Aujourd’hui, les Français sont autant déçus par la droite que par la gauche, estimant que les uns comme les autres ne peuvent lutter contre leur principale préoccupation et inquiétude, la précarité. De plus, les élections régionales n’apparaissent pas très lisibles, deux Français sur trois ignorant le nom du président de leur région.
06 : L’UMP en tête ?
Si à gauche, le NPA s’est discrédité avec sa candidate voilée, le Front de gauche PCF/Mélenchon ne semble guère plus vaillant. Les régions devraient être dirigées par une alliance PS-Ecologistes, ces derniers apportant une réserve de voix au 2e tour (environ 13 %) dont ne dispose pas la droite. Mais les accords seront négociés durement, a maxima, comme a déjà prévenu la porte-parole des Verts, Duflot. Les exécutifs régionaux de demain s’annoncent difficiles à gérer. L’autre grand gagnant de ce scrutin devrait être le Front National qui devrait retrouver ses scores passés autour de 10 à 15 %. Ils pourront se maintenir au 2e tour et faire perdre l’UMP. Un scénario qui a un air de déjà-vu.
Dans les Alpes-Maritimes, la liste UMP devrait arriver en tête et c’est l’écart avec la liste PS qui sera intéressant à analyser. Mais cette victoire 06 ne devrait pas être suffisante pour battre la gauche sur le plan régional. En attendant, on ne peut qu’encourager les électeurs à aller aux urnes comme il sied à tout média qui se respecte, le 14 mars prochain… Et le 21 mars d’après.
P. G.





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