
Facteurs, enseignants, professionnels de la santé… Tous étaient réunis dans un même but : protester contre les réformes du service public. Et tous défilaient sous des drapeaux différents : le rouge de la CGT ou le multicolore de la FSU, mais les revendications étaient les mêmes.
Dans tous les secteurs, la suppression de postes et l’insuffisance de revalorisation des salaires depuis plusieurs années sont les principales préoccupations. Marc Leroy, secrétaire départemental de la CGT Éducation, explique que d’ici 2012, « on assistera à une suppression de plus de 300 000 postes dans la fonction publique et il y en aura 34 000 cette année ».
Un manque d’effectifs qui inquiète notamment dans l’éducation et la santé où l’urgence se fait ressentir. « On parle de maltraitance hospitalière, on dit que les patients ne sont pas bien traités… Mais nous n’avons plus le temps, nous sommes devenus des machines, on ne peut même plus prendre un quart d’heure pour donner à manger à un patient », se désole Caroline Abid, secrétaire adjointe CGT à l’hôpital l’Archet.
La colère face à cette impuissance se ressent et elle n’oublie pas d’évoquer les salaires bas et le nombre incalculable d’heures supplémentaires que le personnel hospitalier doit effectuer pour soigner tout le monde. « À l’hôpital l’Archet, il s’agit d’un millier d’heures qui ne sont pas payées chaque année », dénonce-t-elle.
« Le gouvernement ne nous écoute pas »
Une réforme du service public qui semble nécessaire mais qui, aux yeux des syndicats, a été très mal menée. C’est le cas de la réforme du lycée qui n’est pas appréciée par les manifestants. La nouvelle seconde, la suppression de l’histoire-géographie en terminale S ou encore l’obtention du BAC Pro en 3 ans et non plus en 4 ans, déplaisent. Alain Galand est professeur de technologie et représentant du SNES – FSU.
« Nous n’avons rien contre une réforme du lycée, mais elle est mise en place en force et beaucoup trop vite. » Les enseignants, eux aussi, se sentent tous laissés sur le bas-côté par le gouvernement qui selon eux « ne cherche pas à les écouter ». Et de renchérir : « Des réunions avec les enseignants ont lieu, des rapports intéressants sont rédigés. Mais au final, la réforme n’a aucun rapport, le ministre ne prend pas en compte ce que nous suggérons. »
Caroline Abid, elle, est face à une porte close. Elle a contacté la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, sans succès. « Et du côté de Christian Estrosi, le problème est sensiblement le même ! ». Éric Woerth, ministre de la fonction publique, a quant à lui réaffirmé qu’il ne pouvait pas « faire autrement que de réduire les effectifs dans la fonction publique. »
Marie Protet





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