Myriam A. gagne 1 200 € de salaire net par mois comme agent d’entretien d’immeubles. À 37 ans, elle est appréciée pour sa rigueur dans son travail, au point d’être régulièrement sollicitée par les résidents. Parmi eux, il y avait Danielle C. qui lui laisse les clés de son appartement. Avec ces heures supplémentaires, la jeune femme augmentait son salaire de 400 à 600 € par mois.
En vacances, la propriétaire contacte Myriam A. qui se rend comme d’habitude au domicile pour nettoyer les lieux. À son retour, Danielle C. découvre qu’il lui manque plusieurs bijoux et objets de valeur.
Bouc émissaire
La femme de ménage accusée, a d’abord rejeté la faute sur son ami devant le tribunal correctionnel de Nice où elle a comparu avant de se rétracter. « Nous avons passé une nuit dans cet appartement et j’ai dit à la police qu’il avait dû prendre les bijoux quand j’avais le dos tourné mais c’était faux, je reconnais les faits » a expliqué Myriam A. à la barre.
Pour le procureur Mickaël Bonnet « si les faits ont été reconnus, c’est grâce à la découverte de la montre de marque avec bracelet en or monnayée ». En effet, la jeune femme avait revendu les bijoux volés (montre et colliers) à un magasin de la rue Gioffredo à Nice, spécialisé dans le rachat des bijoux et pierres précieuses. « Même si la victime a été indemnisée par son assurance à hauteur de 2 000 €, il faut noter l’aspect désagréable de cette enquête. Les policiers ont été envoyés sur une fausse piste et une perquisition au domicile de l’ami a été faite », a dénoncé le procureur.
Me Audrey Vazzana, avocate de l’accusée, a contesté l’estimation des bijoux qu’elle juge « surévaluée » avec pour preuve un catalogue de la marque en question : « La montre-bracelet en or champagne est à 6 050 €, on est loin des 14 000 € demandés de l’autre côté de la barre pour ce bijoux ». Myriam A. qui n’a pas été licenciée mais a simplement changé de secteur, a été condamnée à 6 mois de prison avec sursis.
Elle doit verser 1 000 € de préjudice moral ainsi que 10 000 € de dommages et intérêts à son ancien employeur. « Faites des heures supplémentaires et remboursez ! », conclu Jean-Michel Hayat qui a présidé l’audience correctionnelle.
Nassera Sfendla





Questions de justice

