
Victor Hugo serait certainement surpris de voir combien son œuvre mémorable peut encore se révéler d’actualité en ce 21e siècle !
Car des salariés méprisés et jetés sur le pavé comme de vulgaires chiffons, des familles de plus en plus en difficulté, une exclusion qui ne cesse de croître, des travailleurs sans-papiers que l’on exploite en refusant de les régulariser, des enfants que l’on va chercher dans les établissements scolaires pour les expulser manu-militari, des gens que l’on jette à la rue, des soupes populaires qui prolifèrent, etc., que de motifs de rapprochement et de raisons de toujours s’indigner.
Croyez-vous que dans notre département, la multiplication de situations attentatoires au respect d’autant de droits fondamentaux des citoyens soit de nature à émouvoir les responsables politiques locaux ? Manifestement non puisqu’ils se préoccupent en premier lieu de stigmatiser les victimes, tenus pour premiers responsables de leur situation.
Le président du conseil général s’était déjà vanté dans les médias d’avoir le triste privilège d’être le premier département de France à engager une procédure afin de suspendre le versement des prestations familiales à une famille en difficulté dans le cadre de la mise en œuvre du Contrat de responsabilité parentale. Dispositif à ce point contesté et contestable que les Alpes-Maritimes est le seul département de France à l’avoir mis en œuvre et que même le ministre de l’Intérieur, pourtant peu connu pour sa « fibre sociale », s’est cru obligé dernièrement d’exprimer des réserves en parlant « d’un temps de réflexion nécessaire ».
Comme si punir les pauvres, ceux qui vivent dans les conditions les plus précaires, en les enfonçant un peu plus dans les difficultés, constituait la solution miracle et radicale pour remettre tout le monde dans le droit chemin. Après les parents en difficulté, c’est au tour des allocataires du RSA, qui a succédé au RMI, d’être montrés du doigt comme fraudeurs potentiels. Que la fraude ne représente que 0,012 % du montant total des allocations versées ne saurait tempérer l’implacable détermination du président du conseil général. Il est vrai qu’il a été à bonne école avec son prédécesseur, aujourd’hui ministre de l’Industrie, plus enclin à condamner les salariés qui se révoltent contre les pratiques de voyous de trop d’entreprises, qu’à demander des comptes à des sociétés qui délocalisent tout en ayant largement bénéficié de subventions publiques.
À l’image des impôts et du funeste « bouclier fiscal », ce sont toujours les plus faibles qui sont visés par la politique de la droite départementale et nationale, qu’ils veulent aggraver encore sous prétexte d’économie par la casse des collectivités, derniers pôles de résistance démocratique.
Plus que jamais, l’heure est à la résistance et à la mobilisation pour contrer cette politique inégalitaire et destructrice, à l’exemple de la bataille que mènent les cheminots pour la sauvegarde du service public.





Paroles d’Elus

