
Le sénateur-maire de Grasse, Jean-Pierre Leleux, s’investit depuis de nombreuses années dans le domaine de l’image tant à la ville de Grasse que sur les bancs du Sénat. Il a répondu à quelques questions en marge du Festival de Cannes.
LPN : Quel est le dossier sur lequel vous travaillez en ce moment concernant l’image ?
Jean-Pierre Leleux : La loi sur l’audiovisuel de mars 2009 qui a prévu la suppression de la publicité pour les chaînes publiques, mentionnait qu’il faudrait des ordonnances pour toiletter le code du Centre national de la cinématographie (CNC) et de l’image animée. J’ai été nommé par le sénat pour faire partie du comité de suivi pour la rédaction des nouvelles ordonnances sur le sujet. Aujourd’hui, les ordonnances sont prêtes et devraient être votées par le Parlement dans les semaines à venir. Le CNC va devenir un établissement public administratif avec un statut modifié qui distingue bien le rôle « intuitu personae » du président de celui du conseil d’administration qui gère les différentes aides à l’audiovisuel et au cinéma. Par ailleurs, je viens de déposer une proposition de loi pour la numérisation des salles de cinéma qui s’appuie sur les dernières réflexions des groupes de travail du CNC
LPN : Quels sont vos autres fonctions dans le monde de l’image ?
J.-P. L. : A la demande du Sénat, je siège au conseil d’administration de l’Institut nationale de l’audiovisuel (INA), et plus récemment, j’ai été nommé au conseil d’administration de France Télévisions. C’est un grand honneur pour moi de siéger dans ces deux institutions. Toutes ces nominations résultent du travail effectué au sein de la commission culture du Sénat, sous la présidence de Jacques Legendre, où je me suis beaucoup intéressé au passage au numérique qui implique des mutations technologiques, industrielles et sociétales. Nous allons consommer la culture de manière différente, nos comportements vis-à-vis de l’image, du son, et de l’écrit vont changer.
LPN : Quelle est votre position à propos de la suppression de toute publicité sur les chaînes publiques de France Télévision que certains appellent de leurs vœux ?
J.-P. L. : La publicité a déjà été supprimée sur France-Télévisions, après 20 heures. La deuxième phase de suppression est programmée par la loi fin 2011 après le passage au tout-numérique. Les téléspectateurs ont accueilli très favorablement cette suppression partielle et je suis, pour ma part, favorable au maintien du calendrier prévu. Je sais cependant qu’il faudra compenser le manque à gagner budgétaire. Actuellement, au Sénat, une mission travaille sur le financement de France Télévisions et rendra son rapport, début juillet 2010.
LPN : A Cannes, vous représentez le bureau d’accueil des tournages des Alpes-Maritimes. Avez-vous une action en cours avec cette association ?
J.-P. L. : Effectivement, j’ai annoncé lors de ce Festival de Cannes, une grande journée de promotion des tournages sur la Côte d’azur, le 19 octobre 2010 au Sénat. La Commission du film Côte d’Azur que je préside depuis sa création en 1999 encourage les productions françaises et étrangères à venir tourner dans notre département. L’effet de levier généré par un film est particulièrement important, tant en terme économique que social, avec l’emploi de techniciens, comédiens et figurants locaux, mais aussi en matière de nuitées hôtelières. Nous rassemblerons des producteurs, réalisateurs, scénaristes…
LPN : Le mot de la fin ?
J.-P. L. : Mon prochain gros dossier sera la numérisation du patrimoine écrit, et particulièrement celui de la Bibliothèque nationale de France, dans un contexte extrêmement sensible eu égard aux avancées de Google en la matière. Le débat est ouvert, mais ceci est un autre sujet.
Propos recueillis par Pascal Gaymard





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