Les images de quasi guerre civile diffusées sur les télévisions du monde entier doivent nous faire comprendre au plus vite la réalité économique actuelle. Interprétons cette situation surréaliste comme un électrochoc, malheureusement bien réel.
Dans notre vie personnelle, nous prenons parfois des décisions qui font mal, très mal. Nous réduisons nos dépenses, sautons une année de vacances, faisons durer un peu plus les vêtements qu’on aimerait changer, supprimons des loisirs habituels pour nos propres enfants… Bref, nous nous privons pour rebondir et vivre mieux !
Alors pourquoi ne pas accepter, quelles que soient nos convictions politiques, d’avancer vers des réformes qui feront de nous une « machine » prête à affronter la vaillance de l’Asie et des pays émergents ?
Au lendemain des commémorations du 8 mai 1945, date à laquelle nos parents ou grands parents regagnaient leur liberté, nous nous devons d’être réalistes : la guerre est devenue économique. Chacun veut survivre et surtout faire vivre décemment sa famille. Ne pas comprendre ça, c’est une insulte à l’intelligence des Français qui vivent en travaillant tous les jours pour moins de 1500 euros. Rappelons que plus de quatre millions de nos concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté et plus de trois millions avec le salaire minimum (SMIC).
Qu’on se le dise : nous ne pourrons pas évoluer sans réformer avec beaucoup de bon sens le système actuel. Nous ne pourrons plus nourrir et entretenir au quotidien des « bons à rien » qui se complaisent à profiter du système, et il faudra qu’un jour, on sache exiger qu’en compensation de ce qu’on donne, on puisse à notre tour recevoir. Une réalité s’impose, qui pourrait se traduire par une évidence simple à comprendre pour tout le monde : « Je te donne de quoi vivre, tu me donnes des heures de travail ! ».
Stéphane Cherki, directeur de la publication





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