
Les nanoparticules rassemblent un ou plusieurs atomes que l’on sait déplacer un à un, pour créer des molécules qui n’existent pas toujours à l’état naturel et qui sont incorporées aux matériaux existants en petite quantité, souvent en surface, afin de modifier leurs caractéristiques.
Sans vraiment le savoir, les nanotechnologies sont déjà en service. Dans les dentifrices, les crèmes solaires et même dans certains vêtements, comme par exemple, les tissus anti-transpirants et hydratants. Mieux, pour certains chercheurs, ces propriétés offrent la possibilité de mettre au point de nouveaux traitements contre les maladies.
Rien de bien grave me direz-vous ? Mais les dérives possibles inquiètent…
À l’échelle nano, il est compliqué d’analyser la toxicité des propriétés nouvelles acquises par la matière. Une étude britannique récente affirme même que les nanoparticules utilisées en médecine endommagent l’ADN de cellules humaines. Les effets sur la santé et l’environnement des nanoparticules sont mal connus. D’autres fustigent une future perte de liberté. Car concrètement, à cette échelle de l’infiniment petit, il sera facile de faire ingurgiter n’importe quoi sans que l’on s’en rende compte. Pire, les nanotechnologies pourraient ouvrir la voie d’une nouvelle forme d’attentat.
Débat impossible
Une chose est sûre, les nanotechnologies divisent. Au point que les grands débats organisés par les pouvoirs publics du 15 octobre 2009 au 24 février 2010 ont souvent tourné au fiasco. En effet, selon les Echos, « au fur et à mesure de ces rencontres, le débat public a fini par tourner court. Les opposants les plus virulents ont empêché ou perturbé six réunions. Quelques dizaines de militants, notamment ceux de Pièces et Main d’œuvre (PMO), un collectif de Grenoble très opposé à Minatec, ont généré un chahut rendant toute prise de parole impossible (…)* ».
Une finale en nœuds de boudin qui laisse le sujet délicat des nanotechnologies dans le flou total. Espérons une réglementation prochaine…
Julie Baquet
* Les Echos.fr, « Nanotechnologies, le débat impossible », 23/02/10





Chroniques

