
D’un côté, il y a le groupe Total qui accumule les milliards de bénéfices et qui souhaite fermer une raffinerie et voire davantage. De l’autre côté, il y a des salariés qui essaient de défendre leur emploi dans l’industrie qui a perdu 2 millions de postes en 30 ans. La cause évoquée par la direction : la rationalité…
En fait, il s’agit de faire toujours plus d’économies pour toujours plus de dividendes pour les actionnaires. Le facteur humain n’est plus qu’une variable d’ajustement pour ces dirigeants qui eux-mêmes n’ont plus aucune prise directe avec la population au vu des millions de rémunérations qu’ils s’octroient chaque année, via des conseils d’administration « amicaux ».
Ce petit monde des patrons du CAC 40 se partage jetons de présence, stock options, et autres parachutes dorés et surtout, certains ont fait preuve de leur incurie à diriger leur entreprise à qui souvent, ils ont fait perdre des millions voire des milliards.
Face à ces PDG d’un nouveau genre, les salariés n’ont d’autres choix que de brandir une arme désuète, mais qui s’impose quand les décisions prises par les dirigeants sont parfaitement injustes, la grève. Car comment croire que nous consommerions moins de pétrole pour nos automobiles qui pourtant, avec la prime à la casse, n’ont jamais été aussi, nombreuse sur nos routes. Les voitures électriques ne sont pas encore sorties des chaînes de fabrication, alors qu’en sera-t-il demain ? Quand les dirigeants affirment qu’ils ne fermeront aucune raffinerie à l’avenir, de qui se moque-t-on ? Les promesses n’engagent que ceux à qui on les fait, dixit Charles Pasqua.
Les salariés le savent aussi et plus que la grève, ils brandissent la menace d’une pénurie qui a déjà provoqué un début de panique tant les automobilistes sont liés à leur voiture qui conditionne leur travail. Dans les Alpes-Maritimes, l’inflation des loyers et des biens du littoral a provoqué un exode dans le moyen et le haut pays. Tous les transports en commun du monde ne pourront limiter la circulation automobile au vu de l’éloignement entre lieu d’habitation et lieu de travail.
Si ce combat des salariés de Total semble donc parfaitement légitime, il n’en est pas de même des contrôleurs aériens et des pilotes d’Air France qui ont déclenché une grève sous le prétexte de la remise en cause du système de rémunération sur les vols moyen-courriers ainsi que sur le périmètre de l’activité Cargo d’Air France.
Derrière ces motifs fallacieux se cache un accord européen entre la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, et le Luxembourg, sur un nouvel espace aérien avec un seul opérateur aérien. Cette zone couvrirait 50 % du trafic européen et les pilotes, comme les contrôleurs aériens, ont peur de perdre, au passage, quelques avantages, chacun ayant négocié avec sa propre compagnie des conditions privilégiées.
Malgré les assurances de leurs directions respectives, ils ont préféré déclencher une grève préventive, comme d’habitude en période de vacances, afin de produire le maximum de nuisances pour les usagers.
C’est toujours la même histoire et quand on connaît les salaires de ces personnels et les avantage liés à leur entreprise, on croit rêver. Quand je vous disais qu’aujourd’hui, il n’y a plus la France d’en bas et celle d’en haut, mais une France à différents étages avec de multiples paliers intermédiaires accroissant drastiquement les différences d’un étage à l’autre.
Bref, une France millefeuille…
Raymond Aquila





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