Mais revenons à l’euro ! En moins de dix ans tous les prix ont été multipliés par deux, trois ou quatre, voir plus. Mais pourquoi ? Les salaires ont stagné et celui qui gagnait 10 000 francs il y a 10 ans gagne 1 500 euros aujourd’hui. Encore pire pour celui qui gagnait 20 000 francs, celui-là gagne moins, parfois beaucoup moins ! Alors à qui profite cette monnaie européenne ? Certainement pas à la mère de famille qui remplit difficilement son caddie, et encore moins au retraité qui est très loin d’avoir vu sa retraite doublée.
Dans ce climat de grande fragilité sociale, que faut-il faire ? Les entreprises sont à bout de souffle, écrasées par les charges sociales, les conflits internes, les choix difficiles à prendre, les agios bancaires et les pertes de chiffre d’affaires. D’un autre côté, les salariés sont épuisés, qu’ils se donnent à fond ou pas, ils ne voient plus d’horizon, de progression possible, d’évolution dans le bon sens du terme. Et face à cette incompréhension générale, deux types de réaction s’installent : y croire, encore, ou se perdre dans les méandres du monde virtuel entre « facebook », les mails, le surf permanent sur Internet, les jeux vidéos ou les SMS. Quelle triste réalité ! Sans règles rapidement établies, tout partira à la dérive beaucoup plus vite qu’on l’imagine.
Ne sommes-nous pas arrivés à la fin d’un modèle économique dans lequel se reflète un « ras-le-bol » permanent et général qui se traduit par un « chacun pour soi » qui dégrade encore plus la situation ? Une certitude : il va valoir réfléchir vite et être très créatif pour redresser la barre. Pour y arriver, nous serons obligés d’éviter les polémiques et le spectacle indécent et lamentable de quelques « aficionados » qui n’ont pas compris que les clivages « gauche-droite » sont grandement dépassés par les souffrances qui touchent chacun d’entre nous. Allez, réveillons-les !
Stéphane Cherki, directeur de la publication





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