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Le billet

De Niro, Nice et la culture


vendredi 12 mars 2010

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Quand Robert de Niro a surgi au Musée Matisse lundi matin, il y a eu un instant de silence. Comme si la foule, avant la grande bousculade, rendait hommage, à sa manière, à cet immense comédien. Et au septième Art, si ancré dans l’imaginaire niçois.

Confronté à la silhouette légendaire de celui qui fut Vito Corleone dans Le Parrain de Coppola, l’inoubliable chauffeur de Taxi Driver, le public -cinéphiles, fans, étaient en quête de magie. De cette immense rêverie éveillée propre au cinéma et dans laquelle, tous, nous avons besoin de trouver refuge en ces temps où le pessimisme triomphe.

Et en s’efforçant de suivre les pas de Robert de Niro, à la redécouverte de l’œuvre de son père, le peintre Robert de Niro, de nombreux spectateurs, savouraient un moment de bonheur. Comme si soudain, les studios de la Victorine reprenaient leurs lustres d’antan. A cet instant, au cœur de ces lieux sublimes où la singulière lumière niçoise inspira Matisse, la présence d’une légende du cinéma, nous a renvoyé notre propre image. Une terre niçoise et azuréenne fertile en matière culturelle, toutefois insuffisamment défrichée eu égard à l’attente de toutes celles et ceux qui s’intéressent à l’Art.

Nice, de tous temps, entretient un rapport singulier avec la Culture. Et si le particularisme historique propre au Comté de Nice l’explique, en partie, la 5e ville de France échappe à toute classification artistique. Tant mieux. Sans doute, cela nous évite-t-il d’être perçus avec condescendance par certains cercles parisiens persuadés qu’au-delà de La Rive gauche, il n’y a rien de nouveau.

Or, c’est le contraire. La présence atypique de Robert de Niro, une star hollywoodienne visiblement émue devant les toiles de son père doit servir de catalyseur. D’énergie, à tous ceux qui croient à la potentialité et à la diversité culturelle de Nice. Maintes séquences artistiques restent à tourner sur ce gigantesque plateau de cinéma qu’incarne la Côte d’Azur. Notre région foisonne de créateurs qui déploient leur talent sans forcément bénéficier de la notoriété qu’ils méritent.

Aussi, s’avère-t-il urgent d’ouvrir des débats sur la Culture. Rétablir la circulation des idées, des projets. Ne pas hésiter à s’impliquer personnellement sans verser dans la supplique « que font les institutions pour aider les artistes ? » Certes, l’Etat les collectivités territoriales ont un rôle majeur à jouer en accompagnant la vie culturelle. Des lieux semblent prometteurs, tel le projet des Abattoirs « le Sang neuf » à Nice. Et d’autres.

La volonté de trouver des espaces de réflexion, de s’impliquer dans les associations, de créer, tout simplement, est perceptible. En témoigne, le public nombreux qui a assisté à une conférence-débat le 5 mars au Théâtre de la photo à Nice. Le thème « Culture, Communication Economie : un développement commun » a nourri un débat très riche. Les participants : ville de Nice, Conseil général, Editions Gilletta, Forum de l’entreprise, Université de Nice, les associations, l’Eclat, le Collège de Nice témoignent de l’implication culturelle du monde politique, économique.

A ce sujet, je vous recommande l’ouvrage de Norbert Hilaire, professeur à L’Université de Nice, une pertinente réflexion sur la nécessité de repenser les politiques culturelles à l’âge du numérique et des loisirs de masse : « La Côte d’Azur après la modernité » aux éditions Ovadia . La culture, c’est l’affaire de tous. Ouvrons les débats.

Paul Barelli



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